Quand j’ai vu, en entrevue au Journal, que la présidente du Conseil du statut de la femme était ouverte à un changement de nom, j’ai applaudi. Mais je me suis tout de suite dit qu’elle allait se faire crucifier par les militantes féministes.

Et quand j’ai vu que la présidente parlait d’une égalité (de droit) presque acquise, j’ai aussi applaudi. Et j’ai aussi prédit qu’elle se ferait lyncher par les féministes.

Mais ce que je n’avais prévu c’est à quel point les arguments avancés seraient ridicules.

Martine Delvaux et Marilyse Hamelin dans La presse ce matin :

« Si le mot « femme » a fait couler beaucoup d’encre chez les féministes, en tant que catégorie qui reconduit le binarisme genré (et perpétue le principe de la domination) et a donc le pouvoir d’exclure des femmes qui ne seraient pas nées dans un corps considéré comme féminin, ce mot continue à identifier, aujourd’hui, une posture féministe ».

Misère, chez les féministes de 2017 on a un problème avec le mot femme parce qu’il reconduit le binarisme genré ? Mais est-ce que ces deux grandes intellectuelles s’écoutent parler ? C’est précisément à cause de ce genre d’enflure verbale et de dérapage incontrôlé que je ne me reconnais plus dans le féminisme québécois ultra-militant, déconnecté, de 2017.

Dans La presse aussi, Suzanne Accour :

« Tout comme les riches n’ont pas besoin d’aide sociale ou les personnes en santé de médicaments, les hommes n’ont pas besoin d’un Conseil du statut des hommes.. (…)on s’attend des pompières à ce qu’elles arrosent la maison en feu, pas à ce qu’elles se lamentent du peu d’attention que reçoit la maison voisine intacte ! De même, s’attaquer aux inégalités nécessite que l’on résiste à la tradition millénaire de penser d’abord aux hommes pour se concentrer sur des problèmes criants, réels, et genrés »

Donc, le taux de suicide trois fois plus élevé chez les hommes, le décrochage scolaire masculin, les violences sexuelles envers les hommes, les problématiques de santé mentale ou de détresse chez les hommes, les stéréotypes sexuels visant les hommes dans les publicités, on s’en tape parce qu’il est plus urgent de s’occuper des femmes ? (Ça me fait penser à cette jeune féministe qui déclarait que le rôle des hommes dans le mouvement féministe c’est de “se taire et écouter les femmes” ).

Pourquoi on ne s’occuperait pas des deux, des hommes et des femmes qui souffrent ? C’est exactement ce que ferait un Conseil pour l’égalité qui remplacerait le Conseil du statut de la femme.

L’auteure Pascale Navarro considère que le congé parental ce n’est pas suffisant : il faut le rendre obligatoire pour les pères. Et c’est seulement quand on aura des acquis comme ça, dit-elle, qu’on pourra « rediscuter du nom et de la mission du CSF ». Forcer les pères à prendre un congé , les obliger par la loi à quitter leur travail ? Quand le gouvernement veut forcer les femmes à faire quelque chose, c’est mal mais forcer les hommes c’est correct ?

Cela fait des années que je dis et j’écris que le Conseil du statut de la femme, qui a pour rôle de conseiller le gouvernement en matière d’égalité, devrait être renommé. En France on a un Haut Conseil à l’Égalité entre les hommes et les femmes.  Mais ça, nos bonnes féministes-militantes québécoises n’en parlent pas trop. Pourtant cet organisme combat, entre autres, les stéréotypes sexués, autant chez les hommes que chez les femmes. Pas mal comme idée, non ?

En passant, vous rappelez-vous ce qu’on apprenait en 2016 ? « Le Conseil du statut de la femme obtient le statut peu enviable d’organisme ou ministère où les employés sont le plus souvent absents.

L’organisme de défense des droits des Québécoises affiche un taux d’absentéisme de 10,12%, selon un document dévoilé dans le cadre de l’étude des crédits du Conseil du trésor. »

Sans commentaire.

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Source :  Journal de Montréal

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