Désormais, prendrez-vous le risque ?

Cette question aurait été impensable il y a quelques années; pourtant, elle se pose de plus en plus dans le contexte de dénonciations d’inconduites sexuelles, réelles ou supposées, qui s’abat en ce moment sur l’Occident.

Un article récent fait état de cette nouvelle problématique aux États-Unis :

« Certains patrons s’organisent maintenant pour ne plus être seuls avec une collègue, même s’il peut être compliqué d’ajouter une troisième personne, par exemple, lors d’une évaluation de la performance, dit le conseiller en ressources humaines Philippe Weiss.

« Un spécialiste américain du droit du travail, l’avocat Jonathan Segal, dit que des hommes ont maintenant décidé de ne plus laisser entrer qui que ce soit dans leur bureau, plutôt que de risquer une conversation qui pourrait être mal interprétée. »

C’est là qu’on est rendu…Inconduite

Cette situation fait écho à celle qui prévaut déjà dans les milieux exposant des adultes à des mineurs, comme le milieu scolaire, par exemple. La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) lançait déjà un cri d’alarme à ce propos dès 2009 :

« Il y a énormément de colère dans nos rangs en ce moment en lien avec ces fausses allégations et ces accusations. Les enseignants reçoivent durement un message extrêmement démotivant qui fait de l’enseignement une profession de plus en plus à risque. Chaque geste posé envers un élève, aussi nécessaire soit-il pour l’enseignant, peut maintenant avoir des conséquences graves, et même briser des vies et des carrières. »

Ayant moi-même déjà travaillé un an dans une école secondaire, j’ai toujours pris la précaution, si je devais rencontrer des élèves, de ne jamais le faire à mon bureau, mais bien en présence de la responsable du local de retrait audit local même. J’évitais également les toilettes des élèves pour n’utiliser que celles réservées au personnel. La phobie des fausses allégations n’a d’égale que la facilité avec laquelle elles peuvent être portées…

De nos jours, tout et n’importe quoi peut être considéré comme une agression sexuelle ou, à tout le moins, comme une inconduite de cette nature, ainsi que le trahissent les propos de cette représentante fanatisée du Comité femmes de l’université Laval : « un regard trop insistant, une blague insidieuse, un geste inapproprié, la persistance d’un flirt non désiré, tout cela participe à la culture du viol. »

Même innocentés, toujours coupables…d’inconduite

Comment s’étonner de la propagation de cette paranoïa sexuelle quand nos dirigeants eux-mêmes participent à ce délire à l’ombre de ce concept bidon qu’est la « culture du viol » ? Même si le Directeur des poursuites criminelles et pénales a clairement reconnu que Gerry Sklavounos n’avait commis « aucun acte criminel » sur la personne d’Alice Paquet, son propre parti l’a tout de même considéré coupable au point d’ajouter 26 M $ à un programme déjà plus que généreux de lutte aux agressions sexuelles :

« Dans la foulée de l’affaire Sklavounos et des agressions sexuelles survenues à l’Université Laval, Québec injecte 44 millions de dollars sur cinq ans pour financer 55 nouvelles actions dans le cadre de sa Stratégie pour contrer les violences et l’exploitation sexuelles (2016-2021).

« Sur les 44 millions annoncés, 26 millions constituent de nouveaux crédits qui s’ajoutent aux 18 millions déjà prévus à cette enveloppe budgétaire. »

On constate que l’émotivité incontrôlée l’emporte sur la lucide analyse des faits et sur l’évidence des conclusions. Quand une telle paranoïa atteint les hautes sphères gouvernementales, peut-on se surprendre des conséquences toxiques sur les milieux de travail et d’études ?

En plus de risquer de nuire aux hommes, cette situation pourrait affecter les femmes elles-mêmes : « Une professionnelle des communications, Jessica Proud, estime qu’il serait désolant que ce mouvement de dénonciation des inconduites sexuelles incite des hommes à ne plus engager, encadrer ou travailler avec des femmes. »

Voilà qui pourrait enlever à certaines femmes mal intentionnées l’illusion d’un pouvoir de pression sur leurs collègues ou leur patron. Quant aux travailleuses intègres et compétentes, elles pourraient se voir injustement pénalisées. Finalement, les femmes comme les hommes ont beaucoup à perdre à basculer dans le délire de la « culture du viol »…

 

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