Il y a de l’eau dans le gaz, depuis quelque temps, au sein des deux organismes emblématiques du féminisme québécois, soit la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et le Conseil du statut de la femme (CSF).

La FFQ, dont le nombre de membres a chuté aux environs des 230, alors qu’elle en a déjà eu plus de 800 sous Françoise David, a vu sa présidente, Mélanie Sarazin, claquer la porte en mai dernier en dénonçant les « façons de faire » de son regroupement.

De son côté, le CSF, l’organisme qui enregistrait en avril 2016 le plus haut taux d’absentéisme de la fonction publique, a, malgré un tel talent, trouvé le moyen de voir sa présidente précédente, Éva Ottawa, s’absenter régulièrement au point de disparaître complètement, en février dernier.

Un véritable sphynx…

À une présidente absente devait succéder en février la très effacée Louise Cordeau, ancienne éditrice du Journal de Québec. Vous vous en souvenez sans doute… Non ? Moi non plus. J’ai bien lu l’information, mais elle a vite sombré dans l’angle mort de mes préoccupations.

Comment expliquer, tandis que des présidentes précédentes telles que Christiane Pelchat ou Julie Miville-Dechêne occupaient régulièrement le devant de la scène médiatique, que madame Cordeau soit, depuis sept mois, aussi absente alors qu’elle dirige un organisme dit « de sensibilisation » qui a coûté aux contribuables québécois près de 3,3 M $ cette année ?

Il aura fallu que le journal dont elle fut jadis l’éditrice ait la curiosité de vérifier si le CSF avait toujours une présidente pour que l’on ait de ses nouvelles. Aux questions posées par la journaliste, madame Cordeau a fourni des réponses qui auraient pu faire passer les Ice Capades pour des patineurs unijambistes.

Évoquant un éventuel changement de nom, elle a dit vouloir rejoindre les hommes et a lancé ce questionnement crucial : « Est-ce qu’ils vont se sentir interpellés par le Conseil du statut de la femme ? Peut-être que son appellation fait qu’ils se sentent mis de côté », analyse-t-elle. » Elle s’empresse toutefois de préciser qu’elle laissera le soin au législateur d’évaluer la pertinence d’un tel changement. Évitons les mutations trop brutales, après 44 ans d’existence, ne bousculons rien…

Les positions de la nouvelle présidente restent si nébuleuses que la journaliste n’a pu s’empêcher de le remarquer : « En poste depuis sept mois, madame Cordeau demeure évasive sur les dossiers précis auxquels elle compte s’attaquer au cours de son mandat. Elle évoque les défis auxquels font face les femmes immigrantes, les agricultrices, les aidantes naturelles, tout en discourant sur le cybersexisme et la parité. L’heure est à la réflexion, avoue-t-elle. » Une heure de sept mois, ça fait long longtemps !

Toujours énigmatique, elle enchaîne : « Quel est mon objectif dans un an ? Accueillir une diversité de points de vue, résume celle qui doit rendre public son plan d’action d’ici 2018. » Devant autant de précisions, je brûle d’impatience…

Madame Cordeau demeure aussi mystérieuse sur la question du voile intégral : « En poste depuis février, la présidente du Conseil du statut de la femme s’est montrée très prudente sur la question. « Il y a des enjeux qui reviennent actuellement dans l’actualité et pour lesquels je n’ai pas réfléchi parce que je n’ai pas été interpellée pour le faire », résume-t-elle. » Cette question pourtant brûlante ne faisait sans doute pas partie de l’heure de réflexion…

Persistante dans son insolite devoir de réserve, elle ajoute, à défaut de préciser : « Il y a différents points de vue, même au sein du Conseil. Alors moi, je fais très attention. » Comme diraient certaines militantes : « On vous croit, Madame ! »

Si vous vous attendiez à des prises de position musclées avec madame Cordeau, restez couchés : « Pour moi, le rôle de la présidente du Conseil du statut de la femme, ce n’est pas un rôle de prise de parole sur l’ensemble des enjeux au quotidien, a-t-elle déclaré. Je ne souhaite pas réagir à chacune des déclarations de chaque personne qui aborde un sujet. » On est si bien dans son bureau, les pieds dans ses Phentex…

Devant des déclarations aussi opaques que laborieuses, existe-t-il encore des gens assez naïfs pour penser que le Conseil du statut de la femme puisse justifier un budget annuel de 3,3 M $ en 2017 ? Madame Cordeau s’est permis une seule déclaration sans ambiguïté : l’égalité de droits est presqu’atteinte. En fait, elle l’est. L’égalité de fait, cette chimère, ne le sera jamais, les êtres humains étant foncièrement différents, peu importe le sexe, l’âge, la nationalité ou le niveau d’éducation. Il serait grand temps de le réaliser et d’en finir avec cette interminable heure de réflexion…

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