Brigitte Bardot, personnalité antiféministe ?

Icône culturelle française, Brigitte Bardot restera célèbre pour sa carrière dans le cinéma, musique et la mode des années 1950 à 1970. Son répertoire compte plus de 45 films, 70 chansons et près de deux décennies de carrière, figurant parmi les artistes françaises les plus renommées à l’échelle mondiale.

Sa beauté angélique et son caractère ont franchi le grand écran. Dans une période en pleine révolution féministe, « BB » est devenue rapidement le symbole de la libération de la femme et de l’émancipation sexuelle.

Brigitte Bardot est devenue célèbre non seulement pour sa carrière artistique, mais également pour sa tumultueuse vie privée. À 18 ans, elle épouse le réalisateur français Roger Vadim. Grâce à son film « Et Dieu créa la femme » sorti en 1956, Brigitte devient un sexe-symbole international.  Malgré leur divorce cinq ans plus tard, ils ont continué à rester dans une relation amicale tout au long de leur vie.

Dans une société après la guerre dans laquelle la morale était très ferme et la sexualité un sujet encore tabou, « BB » pousse l’art jusqu’à scandaliser avec ses scènes charnelles et répliques lascives. Dans « Le Mépris », film sorti en 1963 sous la direction de Jean-Luc Godard, le sexe-symbole se livre avec une candeur mémorable :

Tu les trouves jolies, mes fesses ? Et mes seins, tu les aimes, mes seins ?

Au-delà de la sexualité désinvolte, ses positions publiques ont souvent été sujettes de controverse. Brigitte Bardot représente le modèle absolu de libération de la femme dans les années ‘60. Pourtant, elle n’a jamais caché sa position contre les dérives féministes. En 1973, en pleine effervescence féministe, le sexe-symbole affirme devant Jean-Pierre Elkabach :

C’est très bien que les femmes se libèrent, mais elles ne doivent pas vivre comme des hommes.

Moi, je suis l’image même d’une femme. Je ne suis pas une suffragette. Je suis faible, vulnérable. Je ne suis pas un homme.

Elle ajoute que :

[…] vouloir se libérer, les femmes vont devenir de plus en plus malheureuses.

Celle qui se porte à la défense de l’avortement plaide étrangement pour un mode de vie plus traditionnel :

Une femme doit rester une femme avant tout. Elle n’est pas faite pour mener la vie d’un homme.

Je ne suis pas féministe, car j’aime les mecs,

avoue-t-elle dans une prise de bec publique contre le mouvement #MeToo.

En janvier 2018, elle complète son discours à ce sujet:

Concernant les actrices, et pas les femmes en général, c’est, dans la grande majorité des cas, hypocrite, ridicule, sans intérêt. Cela prend la place de thèmes importants qui pourraient être discutés. Moi, je n’ai jamais été victime d’un harcèlement sexuel. Et je trouvais charmant qu’on me dise que j’étais belle ou que j’avais un joli petit cul. Ce genre de compliment est agréable. Or il y a beaucoup d’actrices qui font les allumeuses avec les producteurs afin de décrocher un rôle. Ensuite, pour qu’on parle d’elles, elles viennent raconter qu’elles ont été harcelées… En réalité, plutôt que de leur profiter, cela leur nuit. 

Dans un article paru en décembre 2018 dans le quotidien « Le Parisien » BB répète sa position face aux dérives en déplorant que

[…] on n’a plus le droit de leur dire qu’elles sont belles, de leur mettre la main sur les fesses, on est tout de suite envoyé au tribunal comme harceleur. Je trouvais adorable quand on me disait que j’avais un joli cul. J’allais pas porter plainte pour ça. Les mecs, ils ne vont plus avoir envie de faire la cour aux filles. Évidemment, je ne parle pas des excès, de la violence.

Lors d’une entrevue à Ciné-Télé-Revue en septembre 2024 la vedette du cinéma français ajoute au sujet de l’explosion de cas d’agression sexuelle :

Ne me parlez pas de #MeToo, de ces procès grotesques pour une main aux fesses dont on se souvient trente ans après. Quelle décadence ! (…) J’aime qu’un homme soit viril et qu’une femme soit féminine. Le féminisme m’agace. La pudibonderie aussi. 

L’un des aspects les plus condamnables de la vie personnelle de Brigitte Bardot est au sujet de son fils, Nicolas-Jacques Charrier, né en 1960. Bardot a souvent exprimé publiquement son désintérêt pour la maternité, ce qui a suscité de nombreuses réactions négatives. Elle avait assimilé même sa grossesse à

une tumeur qui s’était nourrie d[‘elle], qu[‘elle] avai[t] portée dans [s]a chair tuméfiée, n’attendant que le moment béni où on [l]’en débarrasserait enfin.

Au sujet de son fils, le sexe-symbole avoue que

Je n’ai pas tellement le temps de m’occuper de lui. […] S’occuper d’un bébé, c’est un travail monstre ; on ne fait plus que ça.

D’ailleurs, elle a confié la garde du petit à son père, Jacques Charrier lors de leur divorce en 1963. Pour combler le vide laissé par son fils, la vedette française décide de dédier sa vie à la cause des animaux abandonnés qu’elle n’a cessé de défendre jusqu’au dernier jour de sa vie.

Brigitte Bardot à Rome, 1957, source : WIKIMEDIA COMMONS

Le décès de Brigitte Bardot marque la fin d’un chapitre dans l’art cinématographique mondial. Comme dans le cas d’Alain Delon avec qui a partagé une amitié exceptionnelle, BB était le synonyme d’élégance, séduction et authenticité. Le monde ne perd seulement une légende du cinéma, mais également un symbole de liberté féminine qui a marqué plusieurs générations qui a changé le regard sur les relations entre les hommes et les femmes.

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