Ô, merveille ! Combien de belles créatures vois-je ici réunies ! Que l’humanité est admirable ! Ô splendide Nouveau Monde, qui compte de pareils habitants !
La Tempête, William Shakespeare
UN MONDE ROSE
Le patriarcat est mort ! Vivre l’égalité ! Désormais, le monde sera rose…
Les féministes qui se sont battues depuis plus d’un siècle pour accomplir leurs revendications verront enfin l’achèvement de leur combat. Un monde sans hommes ne sera-t-il la meilleure chose arrivée à l’humanité depuis son existence ?
Certaines militantes avaient averti à cet aboutissement dès les années ’70. « The Future is Female » est enfin l’essor du pouvoir, du leadership et de l’égalité des femmes dans un monde patriarcal qui met l’accent sur une approche non binaire, inclusive et lesbienne qui prône l’essor du talent féminin dans tous les secteurs. Voyons-le de plus près.
L’archétype féminin du futur n’est qu’une forme de nouveau leadership basé sur l’intelligence émotionnelle plutôt que sur la raison. Pour Descartes, la raison est la faculté de distinguer le vrai du faux. Quoique ce talent est spécifique aux humains, dans le monde à venir cette aptitude ne sera plus nécessaire. Analyser « le bon sens » n’est-il une source de confusion, stress inutile et malheur ? À qui sert-il cet effort cognitif dans un monde dominé par la gouvernance ? N’avons-nous pas un État qui se soucie du bien-être des citoyens jusqu’au moindre détail de sa vie privée ?
La raison est donnée à l’homme pour lui faire reconnaître qu’elle ne sert à rien.
Erich Maria Remarque
Dans un monde rose, les hommes devraient se fier d’abord à la maîtrise de soi-même qu’à essayer, par exemple, de contrôler leur environnement extérieur. Au fond, à quoi sert la fondation d’une maison si les gens qui y habitent sont malheureux ? Dans le monde du futur, pour rétablir un équilibre immémorial et effacer toute notion du vieux patriarcat on devrait bannir toutes les institutions qui évoque : la raison, la logique ou toute notion abstraite, les établissements de philosophie et génie étant parmi les premiers à disparaître. Après tout, ces institutions représentent un symbole d’oppression historique envers les femmes par leur désintérêt envers ces disciplines inutiles.
Au lieu des mathématiques et sciences, ne serait-il plus important pour la société d’enseigner à nos enfants le féminisme intersectionnel ou la non-binarité des protozoaires ?
Évidemment, dans ce monde, tout le monde sera très heureux parce qu’il aura personne qui pose des questions !
LES HOMMES SERONT LES GRANDS…GAGNANTS
Paradoxalement, les hommes seront les grands gagnants du « The Future is Female ». Maîtriser l’art de traîner sur le canapé tandis que la femme est au travail n’est-il pas le rêve de tout individu muni d’un pénis, allosexuel, peu importe son origine ethnique ?

Quel bonheur sera-t-il plus grand dans la vie des hommes dans un avenir rose que de regarder son sport préféré – la boxe – ayant des hommes sommairement habillés comme demoiselle de ring, entre deux reprises de combat féminin accablées de joie et d’amour ?
À l’évidence, un monde rose sera aseptisé de toute forme de violence, l’avortement sélectif des garçons état l’une des mesures pour arriver à cette fin Dans cet univers admirable et stérile, les prisons seront converties en hôtels de luxe où les cellules seront mixtes pour assurer l’égalité de sexes. Tout représentant de l’appareil judiciaire oppressif – policier, avocat, juge – sera en conséquence complètement inutile. Pour ne pas perdre les subventions et continuer à blâmer les hommes, les maisons des femmes victimes de violence conjugale seront transformées en maisons pour femmes victimes d’amour conjugal.
Dans un monde rose, les hommes pourront manifester librement pour leur droit à l’avortement et avoir, enfin, leur propre Conseil de la Condition masculine. L’État reconnaîtra finalement qu’un homme sur trois puisse être victime de violence conjugale et en avoir accès à une indemnisation de l’IVAC, peu importe la raison. Ils auront, en fin de compte, des maisons pour victimes de genre masculin et la marche mondiale des hommes dirigées par le syndicat de la FTQ.
Pour couronner le tout, les hommes représenteront 90% des victimes d’agressions sexuelles avec ou sans consentement. Dans le futur proche, un mec pourra même demander en justice de sérieux dommages matériaux si une femme lui touchera ses fesses !
Avec toute cette révolution sociale et culturelle, le marché du travail subira, sans doute, des changements importants et inétendus. Les sage-femmes seront majoritaires hommes, ces derniers pourraient enfin accoucher, avec ou sans péridurale.
Les femmes pourraient enfin être égales avec les hommes et travailler à torse nu.
Quel bonheur de plus pour un homme que de rester à la maison pour s’occuper de ses enfants tandis que sa femme est en première ligne au combat ! Dans ce monde parfait autant convoité par les militantes féministes, les femmes représenteront plus de 90% des victimes d’accidents de travail.
Dans un monde rose, les dames vont abandonner complètement les vieilles coutumes patriarcales et sexistes. En guise d’exemple, lors d’un premier rendez-vous galant, elles vont devoir payer le resto pour coucher avec le mec !
Définitivement, les hommes seront comblés dans le monde des femmes. Ils pourront enfin avoir le droit à un congé : prémenstruel, menstruel et post menstruel payé par son employeur. Les mecs pourront demander une pension alimentaire et/ou une compensation pour les travaux ménagers non payés lors d’une séparation. Finalement, ils seront autorisés à prendre 30-40 % plus de congés que les femmes en raison des conditions de travail précaires, harcèlement physique ou psychologique ou à cause des problèmes de santé.

Malgré ses « avancées », la pérennité d’une société dominée par des femmes est un sujet très sensible. Ce modèle non exhaustif d’une société matriarcale en devenir n’est pas une utopie, mais un futur modèle proposé par certaines personnalités visionnaires et partis politiques d’illuminés au Québec. À ce sujet, certains anthropologues peuvent faire même des analogies avec la société iroquoise dont ses habitants vivent au Canada dans la région des Grands Lacs. Dans cette communauté, la femme jouait un rôle économique et politique très important. La ressemblance de l’iroquois du XVIIe siècle avec le Québécois d’aujourd’hui est plus que flagrante. Le rôle de l’homme se réduit à celui de : géniteur, pourvoyeur et défenseur de son clan, quoique, au Québec, ce dernier est de plus en plus dressé par les femmes. Malgré leur avancement culturel et social, leur société gynocratique a pratiquement disparu dans presque deux siècles et demi : 100 000 en 1500, environ 12 000 en 1745. Les nombreuses guerres tribales, les maladies ainsi que la colonisation patriarcale européenne ont contribué à son écroulement




