Le syndrome du cœur brisé, les hommes plus affectés

La rupture amoureuse ou le cœur brisé est une expérience éprouvante pour toute personne impliquée, mais des études et observations suggèrent que les femmes et les hommes ne souffrent pas de la même manière.

Le syndrome du cœur brisé, aussi connu sous le nom de cardiomyopathie de stress ou cardiomyopathie de Takotsubo, n’est pas seulement un mythe, mais bien une affection réelle dans laquelle le muscle cardiaque est affaibli, souvent en réponse à un stress émotionnel intense. Ce choc déclenche une libération massive d’hormones du stress, notamment l’adrénaline, qui ont un impact sur le cœur.

Bien que les femmes représentent approximativement 90% des cas, les hommes peuvent également en souffrir. De surcroît, les recherches ont démontré que les hommes soient plus touchés par cette pathologie, en présentent un risque de mortalité deux fois que les femmes, possiblement en raison de leur propension à développer des complications plus sévères.

L’affection touche notamment les femmes ménopausées, probablement à cause des fluctuations hormonales. L’absence de l’œstrogène après la ménopause, associée à une plus grande présence de récepteurs hormonaux du stress les rendent plus susceptibles.

Les symptômes de cette complication sont similaires avec celles d’une attaque cardiaque : douleur dans la poitrine, problèmes de respiration, palpitations. Les patients se présentent aux urgences en croyant un infarctus. Cependant, contrairement à une crise cardiaque, dans une cardiomyopathie de stress il n’y a pas d’artères obstruées. Le cœur se dégrade et modifie temporairement sa forme (les ventricules se dilatent, prenant une forme qui au Japon évoque les pots takotsubo, d’où le nom).

Heureusement, dans la majorité des cas, le cœur se rétablit en quelques jours ou semaines avec le traitement et du repos. Cependant, si l’affection n’est pas diagnostiquée rapidement, des complications mortelles en peuvent suivre.

syndrome du cœur brisé
Source : freepik

Les chercheurs ont mis en évidence un ensemble des facteurs psychologiques, sociaux et biologiques pour expliquer le taux de décès double comparé aux femmes.

Les normes culturelles et sociales jouent un rôle significatif dans la manière dont les hommes expriment leurs émotions. Traditionnellement, les hommes ont été encouragés à réprimer leurs sentiments, à être stoïques, et à ne pas montrer de vulnérabilité. Cette répression émotionnelle peut exacerber le stress, contribuant ainsi à la sévérité du syndrome du cœur brisé.

Les hommes sont également moins enclins à rechercher un soutien social ou émotionnel en période de stress personnel. Le manque des ressources disponibles pour les hommes ou du soutien psychologique peut augmenter la pression émotionnelle et physique, rendant les hommes plus susceptibles de subir des effets sévères lorsqu’ils font face à un chagrin d’amour ou à une perte.

En fin de compte, les hommes sont moins enclins à consulter un médecin pour des problèmes émotionnels ou de stress. Ils peuvent ignorer les symptômes jusqu’à ce qu’ils deviennent graves. Souvent, d’autres affections du système cardiovasculaires sont présentes à cause d’un style de vie pernicieux.

Il existe des différences biologiques dans la manière dont les hommes et les femmes réagissent au stress. Les hommes peuvent avoir une réaction cardiovasculaire plus prononcée au stress, ce qui pourrait les prédisposer à des conséquences plus sérieuses en cas de stress émotionnel intense.

Les hormones jouent également un rôle crucial. Les niveaux de testostérone et d’autres hormones peuvent influencer la manière dont le corps réagit au stress. Ces différences hormonales peuvent contribuer à la façon dont le syndrome du cœur brisé se manifeste et à sa gravité chez les hommes.

Bien que le syndrome du cœur brisé soit une affection temporaire, il peut en avoir des effets durables sur la santé physique et émotionnelle.  Il est essentiel de comprendre pourquoi les hommes – souvent des pères de famille – sont plus touchés pour améliorer la prévention et le traitement. La société doit comprendre que ces derniers puissent être aussi vulnérables que les femmes. Trop souvent, surtout au Québec, ils doivent faire face aux situations stressantes multiples comme : séparation, perte de contact avec les enfants, incertitude, fausses accusations, problèmes financiers, perte d’emploi, etc. Ce « cocktail » explosif à la limite de la tolérance psychologique peut entrainer des effets fatals sur la santé des hommes.

Promouvoir un accompagnement efficace et une sensibilisation collective peut aider à diminuer les effets nocifs sur leur santé et diminuer le taux de mortalité.

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