Fillette abandonnée au bord de l’autoroute; et si la société est coupable ?

Le récent cas d’abandon qui a ébranlé la société est loin d’être terminé. Au-delà de la vague de sympathie et d’émotion envers la petite, il reste encore beaucoup de questions en suspens.

Rappelons les faits brièvement : une Montréalaise de 34 ans est accusée d’avoir laissé sa fillette de trois ans dans une faussée au bord d’une autoroute en Ontario. Miraculeusement, la petite est trouvée à la suite d’une mobilisation exemplaire de la Sureté du Québec, après avoir passé trois jours et trois nuits dans un champ, sans nourriture, eau potable et dans des conditions difficiles.

La mère, qui demeure incarcérée depuis la disparition de la fille affichait un regard glacial lors de son passage en cour. Comme par « hasard, » elle avait fait des recherches très inquiétantes sur internet : urnes pour enfants, arrangements funéraires, en plus de publier une vidéo très explicite sur TikTok en tenant des propos alarmantes : « As-tu déjà vu une mère qui n’a plus rien à craindre? »

L’image de la fille retrouvée saine et sauve restera encrée pour longtemps dans la rétine des spectateurs, malgré une interdiction formelle du juge de ne pas publier le nom et des photos afin de protéger son identité.  

Faute du système ?

Le présent cas fait partie, malheureusement, d’une série bouleversante de violence extrême féminine envers les enfants, et est loin d’être singulier au Québec. Dans un pays qui prône l’émancipation et la protection des femmes, on se pose inévitablement des questions incommodes :

  • Comment se fait-il qu’une mère qui est supposée de protéger son enfant le laisse croupir au bord de l’autoroute ?
  • Comment se fait-il que personne ne se soit pas saisi des propos inquiétants de la mère avant de passer à l’acte ?
  • Comment se fait-il qu’au Québec on donne la garde exclusive d’un enfant à un parent (mère, en espèce) avec des problèmes psychologiques et sans aucun suivi ?
  • Où était-il son père ?

L’homme : le protecteur ou l’abuseur ?

L’énorme couverture médiatique a fait bouger les choses rapidement. La petite est en sécurité au sein de sa famille : le père a obtenu sa garde exclusive et la mère n’a plus le droit contact avec eux. Cette histoire soulage en partie des milliers de pères qui ont dû payer des sommes faramineuses pour avoir la garde exclusive de leurs enfants, combat qui souvent est avoué à l’échec et qui prend des années. Au Québec, dans plus de 80% de cas, la mère obtient la garde, peu importe son état psychologique, économique ou social.

À la suite de la déconstruction systématique du modèle masculin, le père au Québec est souvent vu comme le principal « méchant », alors qu’en réalité son rôle est de protéger son enfant et de s’interposer entre ce dernier et la mère en cas de danger.

L’accusée, victime de la société ?

« Ma cliente vit une détresse immense. »

Selon l’avocat de l’accusée – Me Olivier Béliveau – la mère aurait vécu un choc émotionnel important en apprenant que sa fille est encore en vie.

De nombreuses réactions en faveur de la mère ont surgi sur les réseaux sociaux. Alors qu’elle habitait avec sa fille seulement, la jeune femme aurait été « victime » de violence conjugale et de détresse extrême.

Selon son avocat, sa cliente « […] a besoin d’aide, pas d’être pointée du doigt. », comme si commettre un tel geste mériterait des fleurs et non pas la prison.

Quand l’agresseur devient la victime

La détresse psychologique est invoquée depuis longtemps comme défense en droit criminel, le cas de Dr Turcotte étant l’un des plus connus au Québec : acquitté dans un premier temps pour avoir assassiné ses deux enfants puis condamné à la suite d’un deuxième procès.

Certains pays comme la Belgique reconnaissent la dépression périnatale comme moyen de défense pour les mères qui tuent leurs nouveau-nés. Selon certains chercheurs, 25 % des mères vivraient ce type de dépression au Québec!

Dans l’esprit de certaines personnes atteintes d’une maladie mentale, tuer son propre enfant serait même une forme d’avortement post tardif.

Trouver des excuses aux gestes impardonnables ne fait-il de les encourager ?

Faille du mythe de la superwoman ?

La dépression parentale est un état d’épuisement physique et psychologique lié aux responsabilités parentales. Ce phénomène toucherait au Québec entre 5 % et 15 % des parents d’enfants mineurs. Les problèmes économiques ou au travail peuvent aggraver cet état considérablement, de même que la consommation des opioïdes, quoique certains soient devenus légaux.  

Le Québec glorifie l’image de la superwoman : la femme doit performer au travail tout en étant mère monoparentale exemplaire. Ce mythe féministe ne fait que de mettre une charge supplémentaire sur ses épaules en plus d’écarter le père du foyer. Pourtant, le rôle de ce dernier est fondamental : pas seulement d’aider la mère, mais également de protéger ses enfants.

En 2024, au Québec il y a eu 105 000 signalements à la DPJ pour maltraitance d’enfants. Ce chiffre est très inquiétant et les deux parents sont certainement coupables en égale mesure. La province devrait mettre en place un meilleur système pour protéger ses enfants au lieu de mener une politique malfaisante envers les homes depuis plus de 40 ans.

Shopping Cart