Ensemble « pour le meilleur et pour le pire » est-il encore d’actualité de nos jours ?
Selon une étude du groupe Quicken Inc. sorti en 2023, plus de 50% des femmes en couple quitteraient leur conjoint s’il perdait son emploi. Étonnamment, les femmes mariées seraient plus disposées d’abandonner leur moitié pour la même raison. Dans le cas où les deux partenaires perdraient leur emploi, ce chiffre est de 80%. Les principaux motifs invoqués sont : les dépenses excessives dues au conjoint licencié (21 %), le chômage prolongé (16 %) ou l’absence de recherche d’emploi (16 %).
Toutefois, la situation est différente à travers les générations. Sans étonner, les couples de baby-boomers traversent plus aisément les situations de précarité financière. Dans le passé, le divorce était un phénomène plutôt rare dans la société. Pour cette génération, seulement 21 % des répondants envisageraient de quitter leur partenaire en cas de problèmes financiers.
Cependant, de nos jours, la situation est totalement différente. Plus de la moitié (57 %) des individus mariés de la génération X envisagent une éventuelle séparation en cas de perte d’emploi, tandis que presque les trois quarts (71 %) des millénaux mariés l’envisageraient.
Les couples mariés ayant des enfants ne sont pas à l’abri de cette angoisse. Contrairement à ce qu’on peut penser, si l’époux perdait son emploi, plus des deux tiers d’épouses (68 %) avec enfants mineurs envisagerait la séparation.
Selon Quicken, les millénaux seraient les moins fidèles lors d’une perte d’emploi : seulement 23 % continueraient la relation, contre 58 % de la génération X et 81 % des baby-boomers. Cette recherche indique que femmes mariées d’aujourd’hui ne sont pas disposées à passer le coup dû à l’instabilité financière pour le bien-être de l’enfant, surtout s’il est en bas âge.
Toutefois, pour les couples mariés, la séparation varie en fonction de la culture, les principes familiaux et religieux. Les pays nordiques affichent un taux de divorce autour de 50%, tandis qu’en Afrique, Amérique Latine, l’Inde, Vietnam ce taux varie entre 0.2 et 18%.
Générosité envers d’autres
En dépit de la situation difficile à la suite d’un licenciement, les individus manifestent toujours de l’empathie et de la générosité envers leurs proches. Un tiers (33 %) des individus qui ont gardé leur emploi dans un couple affecté par le chômage ont donné ou prêté de l’argent à quelqu’un touché par un licenciement. Les gens sont plus enclins à aider financièrement leurs frères et sœurs (81 %), partenaires conjugaux (79 %), enfants (76 %) et parents (75 %).

Planification financière
Selon Linda Itskovitz, responsable de marketing chez Quicken
La préparation à l’inattendu est un aspect essentiel de la gestion financière
Il faut garder à l’esprit que le bonheur n’est pas éternel autant au travail qu’en couple. Il ne suffit pas d’être préparé moralement à gérer les imprévus, mais il est essentiel d’avoir des réserves pour traverser les périodes difficiles. De nombreuses personnes délèguent la gestion de leurs finances à leur conjoint(e), et sont encore moins prêtes face à une crise.
La perte d’emploi est une situation traumatisante pour tous et représente un risque incontestable pour la stabilité d’un couple. Cependant, dans d’autres situations, comme la maladie, le risque de séparation est encore plus élevé. Selon les statistiques, les femmes confrontées à un cancer ont six fois plus de risques de connaître une rupture.
Dans une société qui vise l’égalité de sexes, il est crucial de considérer l’importance de la résilience émotionnelle et de la communication dans les relations. Le chômage peut toucher les deux partenaires en égale mesure. Pourtant, les hommes sont les plus affectés. La perte d’un emploi, bien qu’elle puisse être un important défi, ne doit pas nécessairement signifier la fin de la relation. De nos jours, la valeur d’un individu se mesure en combien il gagne par année, la séparation étant plus une mode qu’une solution. Par conséquent,il est primordial de redéfinir l’importance de l’être humain au-delà de son statut de travailleur ou pourvoyeur et de faire preuve d’empathie envers l’autre.
Selon le regretté thérapeute et sexologue Yvon Dallaire, les gens se séparent trop tôt aujourd’hui. Avec compréhension et soutien mutuel, les partenaires peuvent surmonter ensemble les difficultés économiques et renforcer leur lien « pour le meilleur et pour le pire ».




